AMBASSADEUR SHARE POUR DES TERRITOIRES INCLUSIFS : JEAN-PAUL DEMARTHE

 

Le réseau SHARE présente: Une nouvelle série de portraits mettant en avant nos Ambassadeurs Ruraux pour des Territoires Inclusifs en France.

 

 

Le réseau SHARE s'efforce de promouvoir des approches pansociétales et participatives pour l'inclusion sociale des nouveaux arrivants.

 

Nos ambassadeurs sont des personnes - réfugiés, migrants et élus locaux de petites et moyennes collectivités - qui ont une expérience directe de l'inclusion et de l'intégration des nouveaux arrivants dans les zones rurales de France.

 

Nos ambassadeurs pour des Territoires Inclusifs partageront leurs histoires et leurs réflections sur les bonnes pratiques d'accueil et d'intégration dans les communautés rurales, feront la promotion des réalisations de leurs communautés et plaideront pour des actions d'intégration plus nombreuses et meilleures aux niveaux local, régional, national et européen.

 

 

 

Portrait de Jean-Paul DEMARTHE

 

 

 

Une carrière enrichissante dans le secteur public

Originaire du village d’Azé, en Saône-et-Loire, Jean Paul Demarthe est actuellement retraité après une carrière enrichissante qui a débuté dans le secteur de l’éduction populaire, puis notamment comme gestionnaire d’établissement scolaire pour finir à la direction départementale de la cohésion sociale de Saône-et-Loire. Son cheminement professionnel l’a emmené dans différentes régions françaises pour finalement revenir en Bourgogne. Depuis la fin de sa carrière professionnelle, le maire d’Azé l’a sollicité pour se présenter sur la liste du conseil municipal où il s’occupe aujourd’hui d’affaires variées telles que le suivi des travaux, les espaces forestiers, les voies et chemins, ainsi que l’action sociale. Entre 2015 et 2020, Jean-Paul Demarthe a souhaité pouvoir mettre sa pierre à l’édifice de l’intégration des réfugiés, il nous dit « pour finir ma carrière, j’ai souhaité faire un bousculement et prendre un poste à la préfecture en charge du Plan Migrant et de l’intégration des réfugiés »

Une dynamique d'intégration dans le territoire

Fervent défenseur du potentiel des espaces ruraux, il a eu à cœur pendant ces années de frapper aux portes des différents maires des petites villes et villages de Saône-et-Loire pour les convaincre d’accueillir et d’œuvrer à l’intégration des réfugiés. Du fait de ses efforts et de la coordination mise en place sur le territoire, la Saône-et-Loire a été en 2018 le deuxième département d’accueil pour les familles réinstallées au niveau national, il confie « les maires étaient parfois dubitatifs puis finalement avec pédagogie on arrivait à faire avancer les choses et faire changer les idées ». Le travail mené par les services de l’Etat, les collectivités territoriales et les associations a permis d’impulser une forte dynamique d’intégration dans le territoire. Il explique cet intérêt par la présence de maires « leader » sur le champ de l’intégration, à la recherche notamment d’un moyen de redynamiser des espaces en voie de dépeuplement et aussi générer par la même des emplois. 

Deux courants forts dans le département

Au-delà des services de l’Etat, des collectivités territoriales et des associations, il identifie deux courants forts dans le département. Il s’agit d’une part du rayonnement œcuménique de la communauté des frères de Taizé qui en 2018 par la mise en place d’un centre pour demandeurs d’asile a contribué à la sensibilisation des collectivités territoriales et des habitants de l’importance de l’accueil et de l’intégration de personnes exilées. D’après Jean-Paul, les frères de Taizé sont « des gens qui travaillent à bas bruit mais qui ont beaucoup œuvré ». Par ailleurs la tradition d’accueil du bassin minier Montceau/Le Creusot, qui a été une terre d’immigration au 19ème siècle, a montrée toute son actuelle réalité lors de la crise migratoire. De nombreuses familles réfugiées se sont installées et sont restées au cœur de la Saône et Loire. 

Un engagement humaniste pour l'inclusion

En prenant du recul, il relit son engagement pour l’intégration des réfugiés en continuité de ses débuts professionnels dans l’éducation populaire en particulier dans le domaine de l’inclusion, lorsqu’il travaillait dans les banlieues lyonnaises. Sa posture d’homme de terrain l’a amené à tisser des liens avec les différents interlocuteurs du parcours d’intégration et en particulier les collectivités locales, il explique « je suis profondément humaniste et je voulais pouvoir apporter ma pierre à l’édifice »

Son expérience lui a montré combien l’intégration apporte également aux villes et villages qui accueillent, en particulier quand les liens sont bien tissés et la coordination bien assurée. Il nous indique que « l’arrivée de ces personnes a apporté une grande ouverture d’esprit, c’est assez extraordinaire ! Dans certains espaces du département, non seulement les accueils se sont toujours bien passés mais en plus on a vu les scores de l’extrême droite baisser ». Il nous relate de nombreux évènements, de nombreuses anecdotes, qui témoignent que l’intégration est faite de petit pas, et que les différences de cultures ne sont au final que source d’enrichissement et donc de compréhension. Il reste intarissable dans ce domaine. 

Participation au projet SHARE TI

Jean-Paul a été très intéressé par le projet SHARE TI dès les débuts et estime important de pouvoir participer à l’élaboration des voies d’intégration afin d’enrichir et d’inspirer les institutions en charge. Continuer à parcourir les territoires de Saône-et-Loire et faire remonter les expériences et les défis des communes lui tient beaucoup à cœur.